Name, first namelafargeYear of birth1994UniversityHEADField of Interest / research fieldSpatial DesignTitle of projectInsoumisesAbstractEn novembre 1854, André Adolphe Eugène Disdéri, (1819-1889) photographe français né à Paris, dépose le brevet d’un procédé appelé « portraits-cartes de visite » qui permet d’imprimer plusieurs poses sur la même plaque photographique. Son invention réduit considérablement le prix des tirages et donne ainsi aux petits bourgeois l’occasion de se faire tirer le portrait. La carte de visite est un nouvel outil de communication appartenant aux mass-médias, qui fait son apparition dans le contexte d’une France en cours d’industrialisation, et qui par conséquent modifie les relations sociales entre les classes, et surtout les rapports entre le public et les célébrités.
Grâce à la reproductibilité technique ainsi qu’à la réduction des coûts de la production photographique, les courtisanes parisiennes sont confrontées pour la première fois à la question du contrôle de leur image : les insoumises, ces prostituées non inscrites sur les registres de la police des moeurs, se servent allègrement de ce médium pour faire leur auto-promotion et agrandir leur clientèle, espérant par ce biais s’élever socialement et acquérir le statut de courtisane renommée.
Qu’est-ce que la mise en scène d’une cour- tisane du XIXe siècle à Paris ? Ont-elles une place décisive dans la construction de leur image ? Comment construisent-elles un portrait dans le but de faire leur promotion sexuelle, et leur auto-promotion médiatique ? Comment se défendent-elles et profitent-elles des nouveaux médias de masse ? Je me demande dans ce mémoire si l’usage du portrait-carte par les demi-mondaines relève d’un assujettissement et d’un conditionnement à l’industrie de l’image érotique ou bien d’une maîtrise de la publicité au service d’une émancipation de la courtisane ?
TutorsAlexandra Midal
InsoumisesInsoumisesInsoumises